Pacte européen sur la migration et l’asile et refonte du code frontières Schengen : une politique raciste décomplexée

Ce 29 janvier 2026, l’Anafé publie une analyse des dispositions du Pacte européen sur la migration et l’asile applicables aux frontières et de la refonte du code frontières Schengen. À cette occasion, elle alerte sur les conséquences désastreuses de ces textes pour les personnes en migration qui se présenteront aux frontières françaises.

Le retour à un espace sans frontières intérieures promis par l’Union européenne n’est qu’un leurre. Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté au printemps 2024 et dont l’entrée en application est fixée au 1er juillet 2026, d’une part, et la réforme du code frontières Schengen, d’autre part, multiplient les obstacles à l’accès au territoire de l’Union et à la procédure d’asile. Composé de 9 textes difficilement intelligibles, le Pacte généralise le tri, l’enfermement et le refoulement des personnes étrangères.

La durée d’enfermement en zone d’attente passe de 26 jours à plus de 6 mois pour les personnes faisant l’objet d’une procédure d’asile à la frontière. Le nombre de places d’enfermement en zone d’attente doit doubler d’ici l’été 2026. Les violences liées à l’enfermement vont se multiplier, les traumatismes s’aggraver.

Parallèlement au renforcement des contrôles aux frontières extérieures découlant du Pacte, la réforme du code frontières Schengen ouvre la voie à un élargissement des contrôles aux frontières intérieures et à leur renforcement en cas de rétablissement de ces contrôles. Elle met également en place une nouvelle procédure de transfert pour faciliter les renvois d’un pays à l’autre.

Ainsi la forteresse Europe est-elle renforcée tant à ses frontières extérieures qu’intérieures : sophistication des techniques de contrôle, efficience (prétendument) accrue des procédures de tri aux frontières, accroissement du nombre et du volume des données personnelles récoltées (si nécessaire sous la contrainte, y compris sur les enfants dès 6 ans), généralisation de l’enfermement. Suspicion, déshumanisation, répression sont les valeurs centrales de ces textes.

En stigmatisant les personnes exilées et en entravant leurs parcours migratoires, le Pacte et la réforme du code frontières Schengen s’engouffrent dans la tendance que dessinent la montée des extrêmes droites et la banalisation de la xénophobie.

Il eût été plus avisé de prendre la mesure de la dimension mortifère et de la violence systémique des politiques migratoires européennes à l’œuvre depuis des décennies pour, enfin, changer de logiciel.

À quelques mois de la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile, l’Anafé alerte sur les conséquences prévisibles de ces textes et dénonce, une fois de plus, les logiques racistes et xénophobes à l’œuvre dans l’élaboration des politiques migratoires française et européenne.

Photo Anafé

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